Résumé
La culture du cacaoyer en Côte d'Ivoire est bien intégrée dans les pratiques traditionnelles. Le mode d'exploitation est de type itinérant et l'établissement des plantations a connu trois phases: la conduite de cacaoyers Amelonado sous forêt aménagée, la conduite sous recrû naturel et la conduite en plein soleil de cacaoyers Haut amazonien à potentiel productif élevé en association avec des cultures vivrières et de fruitiers divers.
Aujourd'hui, la majorité des exploitations sont de la dernière phase qui a abouti à une déforestation importante. La mise en oeuvre des techniques préconisées par la recherche connaît des succès variables et les exploitations qui atteignent un niveau satisfaisant de productivité sont peu nombreuses. Les traitements phytosanitaires et les engrais sont partiellement ou pas appliqués de sorte que les plantations pourraient connaître une dégradation précoce.
Pour assurer une production durable, il faut une réhabilitation par l'utilisation d'intrants et la mise au point de techniques d'association d'arbres qui contribuent à la satisfaction des besoins des producteurs et à la protection de l'environnement lors du renouvellement du verger.
Mars 1998
1 - Introduction
La culture du cacao en Côte d'Ivoire remonte aux premières introductions des cabosses sur les bords du Cavally en 1892 (IFCC,1979). Elle s'est développée après la première guerre mondiale, et la production est passee de 2300 tonnes en 1922 Ã 55 000 tonnes en 1939. Depuis bientôt une vingtaine d'années, la Côte d'Ivoire est le premier producteur avec, aujourd'hui, une production annuelle d'environ 1 million de tonnes et une valeur de près de 450 milliards de francs CFA, soit 750 millions de dollars US.
Avec une superficie de 2 millions hectares, la cacaoculture a contribué pour près de 14 % au déboisement des forêts en Côte d'Ivoire (Pallix et Comolet, 1996); elle est réalisée par près de 500 000 petits exploitants et leurs familles avec en moyenne 4 hectares par exploitant.
L'essor rapide de la production est donc assurée par l'augmentation des surfaces plantées chaque année sur défriche forestière. Le mode de culture est de type extensif et comporte deux principaux systèmes d'aménagement liés aux recommandations de la recherche et au savoir faire des agriculteurs : le système avec des arbres d'ombrage et le système de conduite en plein soleil avec abattage systématique de la forêt. Après l'analyse de ces systèmes, nous dégagerons les perspectives de système de production durable du cacao en Côte d'Ivoire.
2 - Les Systèmes d'aménagement du Cacaoyer
2.1.- Aménagement sous arbres d'ombrage
Le cacaoyer a été décrit comme une espèce de sous bois de la forêt d'Amazonie. De sorte que sa culture a exigé dès son introduction en Côte d'Ivoire, comme dans bien d'autres pays, un ombrage provisoire ou définitif afin de diminuer l'éclairement sur les cacaoyers. Plusieurs techniques ont été développées: la culture sous forêt naturelle aménagée, la culture sous recrû naturel et la culture sous ombrage artificiel.
Les deux premières techniques ont fait l'objet de diffusion chez les agriculteurs jusque dans les années 70 tandis que la technique d'ombrage artificiel a été insuffisamment étudiée sur nos stations de recherche.
2.1.- La culture sous forêt aménagée
Elle consiste à planter les cacaoyers de type Amelonado sous des arbres existants après avoir coupé le sous-bois et éliminé certains arbres considérés nuisibles parce qu'ils exercent une forte concurrence pour l'eau surtout dans les zones à faible pluviosité, ou parce qu'ils abritent des insectes et maladies du cacaoyer ou possèdent un couvert trop dense ou trop bas (IFCC, 1964). Il n'est pas, bien souvent, aisé de réaliser un ombrage équilibré ou de supprimer toutes les espèces nuisibles.
En effet, chez les agriculteurs, certaines espèces ne peuvent pas être abattues en raison de leurs utilisations domestiques, de l'absence de matériels d'abattage adaptés ou pour des raisons socio-culturelles. On peut citer, Piptadeniastrum africanum (Dabema), Cola spp, Ceiba pentandra (fromager), Treculia africana (IFCC, 1964 ; Herzog, 1992).
Par ailleurs, la croissance des arbres d'ombrage et des cacaoyers nécessite un réglage de l'ombrage par abattage ou empoisonnent qui peut provoquer des dég,ts importants sur les cacaoyers (Besse, 1972).
2.1.2. - La culture sous recrû naturel
L'obtention d'hybrides Haut-Amazonien très productifs (UPA), la lutte efficace contre les insectes et les mauvaises herbes grâce aux traitements phytosanitaires, et l'action défavorable de certains arbres d'ombrage ont orienté la plantation des cacaoyers vers le recrû naturel (Besse, 1972).
Contrairement à la technique sous forêt amènagée, la culture sous recrû naturel consiste à abattre la forêt plusieurs mois avant la plantation qui se fait soit en ouvrant des layons de 1 cm de large sur le recrû jeune, soit en procédant comme le cas de forêt aménagée sur les recrûsgés.
Les travaux de préparation de terrain sont plus longs et peuvent nécessiter 500 Ã 700 journées de travail/ha contre 200 Ã 300 Jt/ha sous forêt aménagée. Ils donnent cependant l'avantage d'opérer une meilleure sélection des espèces utiles : Trema guinéensis, Chlorophora excelsa (Iroko), Ficus spp, Pycnanthus angolensis, Terminalia spp..... La plupart de ces espèces sont des Euphorbiacées..
2.1.3.- La culture sous ombrage artificiel
Dans ce mode de conduite, les arbres d'ombrage sont plantés selon sur dispositif bien précis ; cela nécessite un abattage total de la forêt, et par conséquent, la suppression de toutes les espèces nuisibles et d'introduire de nouvelles espèces locales ou exotiques. Il s'agit notamment de Manihot glazivii, Manihot utilissima, Gliricidia spp, Albizia spp, Alstonia boonéi, Antrocaryon micraster, Pycnanthus angolensis, Terminalia spp (Besse, 1973). Malheureusement, aucune action de recherche n'a été entreprise dans ce sens.
Toutefois, au cours de ces dernières années, les agriculteurs, par manque de forêt, n'ont d'autres alternatives que d'exploiter les vieux vergers ou les jachères à Chromolaena odorata; lesuelles bloquent ou retardent la régéneration forestiere. Pour répondre à ces préoccupations, la recherche initie l'introduction dans les jachères, des espèces ligneuses à croissance rapide (Acacia mangium et auriculiformis) pour enrichir ces jachères afin de créer une ambiance forestière et des conditions de restauration de la fertilité du sol (Konan et al , 1995).
L'association directe des Acacia à des densités de 6 x 5 m et 3 x 2,5 m avec les cacaoyers a provoqué une forte mortalité de plus de 60 % des jeunes cacaoyers après une longue saison sèche de 4 mois consécutifs de novembre à mars. En revanche, lorsque ces Acacias sont disposés en brise-vent, la mortalité n'est plus que de 20 %, taux proche de celui du témoin avec bananier à 15 %. Au vu de ces résultats, les travaux actuels s'orientent vers un enrichissement préalable suivi de plantation au bout de 3 ans. Alors, comment replanter le jeune cacaoyer ? En plein soleil avec bananiers ou sous ces espèces ligneuses à densité plus lâche? Les travaux sont en cours.
2.1.4.- Effets des techniques d'ombrage
Des observations faites sur station de recherche mettent en évidence l'augmentation des populations des insectes dans les cacaoyers sous recrû naturel par rapport à la forêt aménagée. Il s'agit des Earias, (E. Biphaga et E. Insulana), de Tragocephala nobilis sur jeunes cacaoyers, de mirides et de cicadelles sur cacaoyers adultes. (Besse, 1972). L'ombrage permet donc de diminuer les attaques d'insectes et les coûts des traitements phytosanitaires.
Aussi, l'étude des facteurs du rendement en présence et absence d'ombrage montre t - il que la floraison et les poids de fèves fraîches par cabosse sont très faibles, et que les pertes de cabosses par flétrissement ou dues au phytophthora sont plus élevées sous ombrage, (Lachenaud, 1985). Les arbres d'ombrage réduisent la quantité de lumière et les activités photosynthétiques et par suite le rendement. Ils peuvent également concurrencer les cacaoyers pour l'eau et les éléments nutritifs en les rendant moins vigoureux. Mais ce dernier aspect n'a pas été étudié.
Tableau 1 : Facteurs de rendement influencés par l'ombrage
| Traitements | Ombrage | Soleil et engrais | Soleil sans engrais |
|---|---|---|---|
| Intensité moy. de floraison/mois | 504,8 | 1346,1 | 1103,1 |
| Nb cabosses/arbre | 25,09 | 69,60 | 62,21 |
| Poids fèves fraîches par cabosse | 87,97 | 116,21 | 112,55 |
Source : Lachenaud, 1985.
Si la recherche a privilégié les exigences du cacaoyer pour créer les conditions optimales pour la croissance et la production, les agriculteurs en milieu rural, préservent les arbres d'ombrage pour des fonctions spécifiques : fonction thérapeutique, alimentaire et domestique, commerciale et diverse (De Row, 1987 ; Moassa, 1991 ; Herzog et al, 1992).
Les travaux d'enquête dans le Centre, Centre Ouest et dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire ont fait apparaître la place et le rôle des arbres d'ombrage dans les cacaoyères. Les colatiers, dont les noix ont un rôle à la fois social, religieux et économique dans les sociétés africaines sont précieusement conservés dans les cacaoyers. De la même famille que les cacaoyers (sterculiacées), ils constituent des arbres hôtes de nombreux insectes nuisibles du cacaoyer.
Les densités des arbres observés à l'hectare dans les exploitations agricoles sont très variables, surtout en fonction de l'âge des parcelles (K. N'Goran, 1985.). Plus les plantations sont agées, plus elles contiennent des essences forestières par rapport aux espèces plantées ou conservées pour leurs produits. C'est aussi un indicateur d'évolution des techniques. Moins díarbres dans les plantations plus jeunes montre en effet que les agriculteurs s'orientent vers la culture en plein soleil. Les mêmes observations sont faites par Herzog et al, (1992) dans le V- Baoulé à Zougoussi et à Bringakro.
Tableau 2 : Densité d'arbres d'ombrage dans les cacaoyà (*) 48 parcelles par localité 2. 2.- Système de conduite sans ombrage A partir de 1970, la performance des hybrides Haut Amazoniens
en plein soleil se confirme. Aussi l'Etat incite-t-il la population
à cultiver le cacao par la création de blocs culturaux, la distribution
de primes à la plantation, et par l'achat du cacao à des prix
rémunérateurs garantis aux producteurs ; prix qui passent successivement
de 85 FCFA en 1972, à 175 F en 1974, puis à 250 F en 1977 et Ã
300 F en 1979. Il est aujourd'hui de 455 F, après avoir connu
une baisse drastique de 400 F Ã 200 F en 1989. A ces facteurs s'ajoutent l'accès facile et bon marché Ã la terre,
y compris par les déclassements de forêts protégées. Il en résulte
une forte rentabilité du cacao sans grande necessité de capital
et investissements immédiats. Ainsi, dans les années 1970, les
premiers migrants arrivant dans le sud-ouest obtiennent facilement
des lots de foret de 20 Ã 50 ha (Ruf, 1995). Cette facilité attire
les habitants des régions du Centre et du Nord de la Cote d'Ivoire
et ceux des pays voisins notamment du Burkina Faso et du Mali. Ils pratiquent dans ces zones pionnières diverses associations,
jeunes cacaoyers avec des cultures vivrières dans des systèmes
plus ou moins intensifs en travail et en capital (Léonard, et
Oswald 1995). L'abattage de la forêt est presque total de manière
à assurer une pleine lumière sur les cultures vivrières. Ce sont
essentiellement le bananier plantain, l'igname, le taro et les
légumes (tomates, piments, gombo...). L'action néfaste du manioc
sur les jeunes cacaoyers est reconnue par les agriculteurs. Ces vivriers assurent la triple fonction d'apport d'ombrage aux
jeunes cacaoyers, de consommation pour les membres de l'exploitation
et de grain de ressources monétaires non négligeables. On constate
aujourd'hui que la zone de production de la banane plantain se
déplace avec les zones de production du cacao ; observation déjÃ
faite en 1979 par Tano Kouadio. L'étude du dispositif d'association bananier plantain/cacaoyer
sur station de recherche confirme la pertinence de cette pratique
traditionnelle. La densité d'un bananier pour un cacaoyer, (1333
pieds/ha) planté la même année dans les interlignes, donne les
meilleurs résultats et fait l'objet de recommandation (Lachenaud,
1987). Mais ces préconisations ne sont pas suivies par les agriculteurs,
les densités appliquées relà Tableau 3 : Densité moyenne des cultures vivrières associées
aux jeunes cacaoyers de 1 á 2 ans dans le Centre - Ouest (1983
-84). 3 - Perspectives pour un systême de production durable de
cacao 3.1.- Contexte actuel Les différents types d'aménagement décrits plus haut indiquent
que le verger cacaoyer a subi plusieurs modifications en fonction
du matériel végétal et de l'environnement économique et social
: course à la terre, aide de l'Etat, rentabilité du cacao. On
est passé de l'Amelonado sous forêt aménagée à la conduite d'hybrides
Haut Amazonien en plein soleil avec abattage presque total de
la forêt. La déforestation a été très importante ces trente dernières années
et la phase pionnière et d'extension du verger arrive à sa fin,
faute de forêt. Les paysages dominants sont désormais des jachères
à Chromolaena odorata qui freinent le recrû ligneux et par suite
la reconstitution de la forêt, quelques forêts secondaires et
les vergers plus ou moins ,gés de caféiers et de cacaoyers. Dans le cas des cacaoyêres conduites en association avec les
vivriers, la mise en oeuvre de certaines techniques préconisées
par la recherche connaît des succès variables. Ainsi les traitements
phytosanitaires nécessaires à la protection des frondaisons des
cacaoyers et au maintien de la production sont peu pratiqués.
De même, le besoin d'agrandir assez rapidement les superficies
plantées ne permet pas toujours une bonne sélection des sols.
Dans la majorité des régions, il n'y a encore aucun apport d'engrais
minéraux, et l'on assiste à des dégradations précoces de certaines
plantations. Il se pose alors les problèmes de réhabilitation
et de régénération du verger. Concernant la fertilité du sol, on peut penser qu'elle est moins
affectée à cause du recyclage des retombées végétales, feuilles
et branchettes des cacaoyers qui peuvent améliorer les caractéristiques
chimiques du sol et du faible niveau de production de l'ordre
de 500 kg/ha en milieu rural. En effet, il a été montré sur station
que la matière sèche totale produite dans une cacaoyère est d'environ
3 tonnes/ha et par an, et qu'elle est identique aussi bien sur
parcelle fertilisée que non fertilisée. Les apports d'engrais
élèvent les niveaux de P, Ca et Mg dans les feuilles (IDEFOR-DCC
1992). Parallà L'analyse des périodes sèches sans pluie de plus de 5 mm pendant
la grande saison sèche de décembre à février sur la station d'Abengourou
de 1955 Ã 1990, indique que la saison sèche est devenue sévère
à partir de 1978, et que ces saisons sèches atteignent plus de
3 mois successifs. Ces perturbations observées à Abengourou corroborent les résultats
d'analyse des courbes d'isodéficit hydrique moyen de 1950 Ã 1986
établis par Quencez (1989) dans le sud forestier de Côte d'Ivoire.
De 1977 Ã 1986, on observe un couloir nord-sud de 500 mm de déficit
qui peut accélérer la dégradation des cacaoyers qui ne reçoivent
pas d'intrants. A la lumière de ce qui précède, quelles alternatives
à mettre en place pour une production durable de cacao ? 3.2.- Propositions Il convient tout d'abord, de définir le terme de production durable
de cacao. Nous retiendrons celle de Wessel et al (1993) comme
étant un système viable économiquement de la production de cacao
dans lequel le niveau des éléments nutritifs du sol est maintenu,
et les maladies et insectes restent dans les limites acceptables.
La question qui hante l'esprit est alors la longévité souhaitée
des cacaoyers : 30,40 ou 50 ans ? Le progrès de la génétique devrait
dissiper cette appréhension. Sur la base de cette définition,
on peut produire durablement du cacao dans un système avec ombrage
et peu d'intrants ou dans un système en plein soleil avec beaucoup
d'intrants. Il s'agira d'adapter tel ou tel système au milieu.
Pour la Côte d'Ivoire, les deux systèmes peuvent être conduits
simultanément : i) La réhabilitation des cacaoyeres existantes et cultivées en
plein soleil par l'utilisation d'intrants (pesticides et engrais)
avec l'hypothèse que les cours mondiaux se maintiennent à un niveau
favorable. Les acquis de la recherche disponibles dans ce domaine
sont nombreux. ii) Le développement d'un système de conduite sous ombrage. Cela
nécessite la sélection d'hybrides moins sensibles au phytophtora,
la sélection d'arbres pour des ressources financières, le bois
de feu, le bois d'oeuvre, pour la fertilité du sol, la pharmacopée
et autres utilisations diverses par les producteurs. Cela nécessite
aussi la mise au point de techniques d'associations arbres/cacaoyers
qui réduisent les dépenses en pesticides et en engrais, et surtout,
la mise au point de techniques de replantation de jeunes cacaoyers
sur jachères et sur vieux vergers lors du renouvellement des plantations.
Les arbres d'ombrage devraient également contribuer à la protection
de l'environnement forestier. Face à la baisse de la pluviométrie
l'accent devra également être mis sur la compétition hydrique
entre les cacaoyers et les arbres associés encore mal connue. 4 - Conclusion La connaissance des contraintes et environnement économiques
des systèmes actuels de production de cacao de chaque région demeure
un préalable à l'élaboration des techniques de production durable
de cacao. Ces techniques, qu'elles portent sur la réhabilitation
ou sur des associations d'arbres, doivent être reproductibles
et répondre aux problèmes spécifiques des zones agroécologiques
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Loc.
Nombre
Cac. / haNombre
arbres / haPalm. avocat. orang. colat./ ha
Age
Daloa(*)
-Sipo
-Belleville
1152
1212
4
12
12
5
13 ans
Gagnoa
-Ouragahio
-Bayota
1028
1124
36
28
20
24
23 ans
18 ans
Loc.
Nbre pieds
cac./ ha
Nbre
but./ haNbre pieds
taro/ ha
Nbre pieds
ban./ ha
Nbre pieds
gom./ ha
Daloa
2010
6150
1338
665
1732
Issia
2934
6711
4975
720
3380
Gagnoa
2698
6728
3190
981
3597
Oumé
1967
8145
4910
1120
4243
Moyenne
2402
6934
3603
872
3238